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Dénotation et connotation
catégorie:Sémantique
L'étude du lexique d'une langue naturelle conduit à remarquer que la plupart des lemmes (les « mots » de cette langue) sont caractérisés par une dualité sémantique : en effet, étant donné un lemme courant, il est souvent possible d'en donner plusieurs signifiés, parmi lesquels l'un semblera objectif et invariant quels que soient les contextes, l'autre (ou les autres) subjectif (nuances mélioratives, laudatives, péjoratives, qui indiquent le point de vue du locuteur) et dépendant d'un contexte tel que la culture du locuteur, le registre de langue adopté, l'époque, la situation de communication, etc.
En sorte, étant donné le lemme renard, on peut dire qu'il possède :
- une dénotation (ou sens dénoté, sens propre, sens premier). C'est la première définition que donne le dictionnaire ou une encyclopédie, celle sur laquelle tout locuteur s'accordera. La dénotation de renard est donc : « mammifère canidé au pelage roux ou argenté, aux oreilles pointues et possédant une queue touffue ». Le mot renard, dans ce sens, pourra aisément être traduit dans une langue étrangère : il décrit en effet une réalité objective qui permet, par exemple, de dire que renard = fox (anglais),
- outre ce sens, il possède aussi plusieurs connotations (ou sens figurés), parmi lesquelles « personne rusée ». Cette connotation ne se retrouvera que rarement dans une autre langue : elle est en effet héritée de l'histoire littéraire, Renart, du Roman de Renart, étant un goupil, ancien nom pour l'animal, rusé.
L'ensemble de tous les sens d'un même lemme, dénoté et connotés, est nommé champ sémantique de ce lemme.
On peut donc dire que si la dénotation est le signifié « universel » (pour un Japonais, la notion objective de couleur blanche » renvoie à la même réalité que pour un francophone), la connotation ne l'est pas. Étant subjective, elle varie selon les cultures voire les locuteurs : c'est ce qu'un mot évoque comme image mentale et comme associations d'idées. Par exemple, le blanc est pour un Occidental la couleur de la pureté et du mariage. C'est celle du deuil pour un Extrême-Oriental.
Importance variable de la connotation dans l'énonciation
Selon le contexte, l'un des sens connotés d'un terme peut soit s'ajouter implicitement au sens dénoté, soit le remplacer. L'addition du sens connoté est un procédé plus ou moins conscient : ce sens s'ajoute au dénoté selon la culture que l'on a (telle personne ne saura pas que derrière le mot travail se cache, étymologiquement, la notion de torture, tandis que le sens étymologique apparaîtra en filigrane pour telle autre, par exemple). La littérature joue très souvent avec les connotations des termes qu'elle utilise.
Quand, cependant, on traite un enfant de cochon, il est entendu que l'on ne veut pas signifier qu'il est un mammifère artiodactyle (dénoté) mais qu'il agit salement (connoté). Quand un terme possède un sens connoté susceptible d'être utilisé à la place du dénoté, il est généralement répertorié dans le dictionnaire. Par exemple, à l'article gras, on trouvera :
: - sens propre : constitué de graisses, de corps lipidiques, qui contient des graisses ;
: - sens figuré : obscène, graveleux.
Seul le contexte permet de choisir quel est le sens voulu : un énoncé comme « il est gras » ne permet pas de trancher, alors que « des propos gras » si. En effet, des propos étant par essence immatériels, ils ne peuvent être de nature lipidique.
Connotations intrinsèques
D'autre part, certains mots portent en eux une valeur axiologique intrinsèque : ils indiquent obligatoirement le point de vue du locuteur. C'est le cas pour les mots péjoratifs et mélioratifs, par exemple. Les connotations de stupide, par exemple, ne peuvent être que négatives mais elles renvoient à la même notion quinintelligent, qui se montre plus neutre.
On observe cependant des renversements de connotations : con (en tant qu'adjectif) est connoté négativement dans la majorité des contextes (injure, juron) mais peut prendre une tournure affectueuse entre personnes proches. C'est là une connotation variant selon la situation de communication.
Termes non connotés
Échappent à cette dualité dénotation / connotation les termes scientifiques, qui, généralement, ne renvoient qu'à la réalité qu'ils décrivent. Acide désoxyribonucléique, par exemple, n'a pas de connotations car ce mot n'a pas été utilisé de manière littéraire ou populaire et ne fait pas partie de la culture propre d'un groupe de locuteurs. De fait, on ne lui a pas greffé de sens annexes et il ne porte pas le point de vue du locuteur.
Articles connexes
- Lexique, lemme, champ sémantique ;
- Sémantique générale
- Champ lexical ;
- Doxa
- Sémantique.
- Roland Barthes
Langue naturelle
Une langue ethnique (aussi langue naturelle) est une langue qui s'est formée petit à petit au fil du temps. Son origine est bien souvent floue et peut être retracée plus ou moins clairement par la linguistique comparée. On oppose les langues ethniques aux langues construites, qui, elles, ont été formées intentionnellement par un homme ou un groupe d'hommes pour remplir un besoin précis.
Quelques langues naturelles
Voici quelques exemples de langues naturelles :
- L'allemand
- L'anglais
- L'espagnol
- Le français
- Le mandarin
Catégorie:Langue
ja:自然言語
ko:자연어
th:ภาษาธรรมชาติ
Lemme (linguistique)catégorie:Lexicologie
Le lemme (ou encore lexie) est l'unité autonome constituante du lexique d'une langue. Dans le vocabulaire courant, on parlera plus souvent de mot, notion qui, cependant, manque de clarté. On construit des énoncés avec des lemmes, les lemmes sont faits de morphèmes.
Chaque lemme possède un signifiant et un signifié uniques en ce sens que l'ensemble de sa (ou ses) dénotation ─ sens propre ─ et de ses connotations ─ sens figurés ─ ajouté à ses possibilités d'emploi ne sont pas représentés par un autre lemme. Par exemple, les lemmes synonymes travailler et trimer ne sont pas identiques, outre la différence de signifiant. Bien qu'ils renvoient tous deux au même dénoté, celui de « fournir un effort en vue d'un résultat », l'un appartient au registre courant, l'autre au registre familier. Le premier possède une connotation neutre voire positive, le second est franchement péjoratif et décrit l'effort sous l'angle de la pénibilité. On dira que le champ sémantique de chaque lemme est unique : le lexique ne souffre pas la redondance.
Constitution des lemmes
Dans les langues indo-européennes (comme le français ou l'anglais), les lemmes sont constitués de phonèmes assemblés en morphèmes. Un lemme comme anticonstitutionnellement, par exemple, s'analyse ainsi :
- il possède dix-neuf ou dix-huit phonèmes (selon que l'on prononce ou non le e caduc : [ɑ̃tikɔ̃stitysjɔnɛl(ə)mɑ̃] ;
- il possède en diachronie un radical d'origine latine, sta- / sti- ;
- il est constitué en synchronie de six morphèmes :
Dans d'autres types de langues comme les langues isolantes, le lemme se réduit à un lexème ou un assemblage de lemmes (mot composé), sans morphèmes, le plus souvent assez court. Ainsi, en mandarin le lemme pour « cœur » est 心 xīn, celui pour « ami » 朋友 péngyou (lemme composé). Dans ce type de langues, la syntaxe est souvent plus rigide que dans les langues dont les lemmes sont formés de morphèmes : en effet, rien (ou presque) ne permet de distinguer les classes lexicales. Ainsi, le verbe pour « manger » se dit 吃飯 chī=fàn quand il est employé sans complément d'objet (littéralement : « je mange de la nourriture ») mais 吃 chī quand le complément d'objet est exprimé : 我吃飯 wǒ chī=fàn « je mange (de la nourriture) » ~ 我吃肉 wǒ chī ròu « je mange (de la) viande ».
Forme des lemmes
Un lemme peut être :
- simple : un seul mot → tendre, amour, jamais ;
- composé : un mot composé (mot formé de plusieurs mots) → rouge gorge, (s')entre(-)tuer ;
- complexe :
- un syntagme (groupe de mots placés dans un sens précis et s'organisant autour d'un terme central) →: vert-de-gris, petit-bourgeois, grand-chose,
- une expression complète → je-ne-sais-quoi, je-m'en-foutiste.
Dans d'autres langues
En mandarin, par exemple, la notion de lemme apparaît différemment (on en a vu un exemple plus haut). On trouvera les explications voulues dans l'article Sinogramme.
Autonomie des lemmes
Chaque lemme possède une classe lexicale et un signifié indépendants de ses composants quand il n'est pas un mot simple (on parlera de lemme complexe). D'autre part, son autonomie se retrouve dans le fait qu'il n'a pas besoin d'être associé à un morphème ou à un autre lemme pour exister. Par exemple, garou, dans loup-garou n'est pas un lemme. En effet, garou ne peut se dire seul. De même, -ons, dans marchons n'est pas un lexème.
Sens du lemme composé ou complexe
Quand le lemme dépasse le mot simple, il est doté d'un signifiant indépendant de ses constituants : par exemple, le lemme chou-fleur doit être compris indépendamment de chou et fleur. Ce n'est pas un chou en fleur ni une fleur de chou mais un légume bien précis. De même, rouge gorge ne se dit pas de tout ce qui a la gorge rouge : seule une espèce de passereau particulière est concernée.
Classe lexicale du lemme composé ou complexe
Grippe-sou à beau être composé d'abord d'un verbe gripper puis de son régime, le nom sou, c'est un nom. De même, je-m'en-foutiste est une expression complète constituée de pronoms (je, me, en) et d'une forme adjectivale dérivée du verbe (s'en) foutre, c'est un simple adjectif.
On voit bien qu'un lemme perd le mode de fonctionnement de ses constituants : qu'en-dira-t-on est une expression lexicalisée (devenue un lemme) fonctionnant comme un nom mais pas comme un syntagme : on ne peut pas dire « le qu'en-disais-tu ».
Lemmes et dictionnaires
Un dictionnaire recense les lemmes d'une langue mais non les formes de ce lemme. Quand cette langue est flexionnelle ou agglutinante, l'entrée du dictionnaire se fait au moyen d'une forme dite canonique :
- pour les noms : au singulier en français (pour pommes, chercher à pomme), au nominatif en latin (solitudinibus → solitudo), grec (φλεϐῶν phlebỗn → φλέψ phléps), au nominatif ou sous la forme du thème morphologique en sanskrit (aśvasya → aśva-, forme sans désinence), à la forme absolue en turc (kaynağın → kaynak), etc ;
- pour les verbes : à l'infinitif en français (mourront → mourir), à la première personne du singulier du présent de l'indicatif en latin (amabimus → amo) et en grec (ἐλελύκεσαν elelúkesan → λύω lúô), à l'infinitif pour le turc (okuyordum → okumak), etc.
Les règles de classement des lemmes dans le dictionnaire d'une langue doivent donc s'apprendre et nécessitent une connaissance de la grammaire de la langue, d'autant plus quand cette langue est flexionnelle et, pire, quand le début du mot peut être modifié par la flexion (le classement alphabétique se faisant depuis le début du mot vers la fin). Les méthodes d'apprentissage des langues étrangères concernées ainsi que les grammaires expliquent souvent à un étudiant de cette langue comment chercher les mots dans le dictionnaire quand la recherche peut être complexe. De même, les dictionnaires recensent parfois les formes difficiles de certains lemmes en renvoyant vers le lemme canonique.
Voici quelques exemples :
- l'étudiant latiniste rencontrant la forme poposcerunt doit, en absolu, chercher à posco, qui en est la forme canonique. Un dictionnaire de la langue latine comme le Gaffiot (Dictionnaire latin français abrégé de Félix Gaffiot, Livre de poche, par exemple) recense cependant poposci en indiquant qu'il s'agit du parfait de posco. L'étudiant connaissant la grammaire de cette langue saura que poposcerunt est la troisième personne du parfait indicatif actif du verbe posco, « réclamer ». Une personne qui, sans aucune connaissance du latin, chercherait cette forme ne pourrait savoir que poposci et poposcerunt sont deux formes d'un même temps d'un même verbe et ne pourrait relier poposcerunt à posco ; pire, si le dictionnaire ne marque pas le renvoi de poposci à posco, on ne peut établir aucun lien puisque les deux formes ne sont pas classées à la même page, l'initiale du mot étant modifiée au parfait ;
- toujours en latin, la forme milites ne sera dans aucun dictionnaire reliée à sa forme canonique, miles, « soldat ». En effet, savoir qu'un mot terminé par -ites de ce type peut être dérivé d'un nom fini par -es et débutant par les mêmes lettres fait partie des compétences fondamentales du latiniste. Un profane n'aura aucune chance de déchiffrer même grossièrement un texte latin car chercher le sens des mots, indépendamment de la syntaxe, n'est pas toujours possible ;
- le cas est très fréquent en grec : cette langue utilisant un augment et le redoublement (consulter Conjugaisons du grec ancien), l'initiale des verbes est souvent très altérée. Même si les dictionnaires de grec usuels fournissent des pistes de recherches, il faut déjà connaître la grammaire de la langue pour savoir que la forme ᾤμωξα ốimôksa dépend du lemme οἰμώζω oimốzô, « se lamenter ». Même si le squelette des deux formes est identiques, les seules lettres en commun forment la syllabe -μω- au centre du mot ;
- dans les langues celtes, le phénomène des mutations consonantiques initiales est notable : en gallois, par exemple, il faut chercher garreg, charreg ou ngharreg à carreg, « pierre ». Toutes ces formes résultent en effet des mutations consonantiques qu'entraînent des mots-outils comme les déterminants.
Lexicalisation
Quand un mot simple, mot composé, etc., entre dans le lexique d'une langue, on parle de lexicalisation : on dira que je-ne-sais-quoi est lexicalisé, par opposition à je ne comprends rien. Je-ne-sais-quoi, en effet, est doté d'une classe lexicale unique (ici le nom, qu'on peut faire précéder d'un article) et renvoie à un signifié précis. On ne peut en changer le signifiant.
Terminologie
Les notions de lemme et de lexème sont employées de manière très variable selon les linguistes et leur école de pensée. Pour certains, ce qu'on nomme ici lemme est un lexème et le mot lemme n'est pas employé. Dans cette encyclopédie, même si ce choix est contestable, on utilisera lexème et lemme de cette manière :
- le lemme est l'unité autonome du lexique ;
- le lexème est le constituant lexical, autonome ou nom, d'un lemme.
Articles connexes
- Lexique, lexème ;
- lexicalisation ;
- lexème ;
- mot ;
- lexicologie.
Sémantique ko:의미론 ms:Semantik ja:意味論
Semantique -
D'une manière générale, la sémantique est une branche de la linguistique qui étudie les signifiés. Le mot sémantique a été inventé à la fin du par le linguiste français Michel Bréal, auteur du premier traité de sémantique.
En particulier, la sémantique possède plusieurs objets d'étude :
- la signification des mots composés ;
- les rapports de sens entre les mots (relations d'homonymie, de synonymie, antonymie, polysémie, hyperonymie, hyponymie, etc.) ;
- la distribution des actants au sein d'un énoncé ;
- les conditions de vérité d'un énoncé ;
- l'analyse critique du discours ;
- la pragmatique, en tant qu'elle est considérée comme une branche de la sémantique.
Enfin, la sémantique a trouvé un nouveau domaine d'application dans l'étude des langages de programmation en informatique, pour laquelle elle a été développée de manière formelle (voir sémantique des langages de programmation).
Articles connexes
- propriété sémantique ;
- classe sémantique ;
- trait sémantique ;
- progression sémantique;
- champ sémantique, dénotation et connotation;
- sens et dénotation;
- sémantique générale.
SignifiéUn signe linguistique est une entité formée par la réunion d'un signifié (un concept) et d'un signifiant (une forme sonore ou image acoustique). Par exemple, le mot français arbre est un signe linguistique associant le concept d'arbre à la forme sonore /arbr/.
Linguistique
mot
La notion de signe linguistique a été définie par Ferdinand de Saussure dans son Cours de linguistique générale. Saussure a souligné trois caractéristiques importantes du signe linguistique :
#L'arbitraire du signe : le lien entre le signifiant et le signifié est arbitraire (c'est-à-dire immotivé), car un même concept peut être associé à des images acoustiques différentes selon les langues.
#Le caractère linéaire du signifiant : « le signifiant, étant de nature auditive, se déroule dans le temps ». Les éléments des signifiants se présentent donc obligatoirement les uns après les autres, selon une succession linéaire : ils forment une chaîne.
#L'immutabilité du signe : le signifiant associé à un concept donné s'impose à la communauté linguistique : un locuteur ne peut décider de le modifier arbitrairement.
#La mutabilité du signe : les signes linguistiques peuvent néanmoins être modifiés par le temps, par l'évolution linguistique (modification du signifiant, du signifié ou de leur rapport).
La science étudiant les signes, qu'ils soient verbaux ou non-verbaux, est la sémiotique (ou sémiologie, selon le sens donné à ce dernier terme). Celle étudiant les concepts d'un point de vue linguistique est la sémantique, tandis que la phonétique et la phonologie décrivent l'image sonore des signes linguistiques.
Le psychanalyste Jacques Lacan s'inspira de cette notion pour développer son concept de signifiant et de signifié. Pour Lacan, l'élément essentiel du signe linguistique est bien le signifiant, le mot lui-même. Il y a primauté du signifiant. L'impression, la trace mnésique que laisse l'image acoustique détermine le parlêtre.
Cette distinction lacanienne s'appuie également sur les notions, chez Sigmund Freud, de représentation de chose et de représentation de mot, qui ne sont cependant pas synonymes de signifiant et signifié. Si l'importance du signifiant révèle un parlêtre tout fait de symbolisme, la primauté du signifiant permet plus encore d'aborder l'inconscient, structuré comme un langage.
Partant de la phrase Un signe est ce qui représente quelque chose pour quelqu'un ( Lacan, L'identification), Lacan formulera un énoncé très différent, élevé à la dignité d'axiome, de véritable slogan : Un signifiant représente le sujet pour un autre signifiant. Ce sujet que le signifiant représente, il s'agit du sujet de l'inconscient.
C'est le signifiant qui tranche, c'est lui qui introduit la différence comme telle dans le réel, et justement dans la mesure où ce dont il s'agit n'est point de différences qualitatives (L'identification).
catégorie:Linguistique
catégorie:Terminologie lacanienne
ja:記号
Péjoratifwikt:péjoratif
CultureCet article concerne la culture dans le sens "culturel". Pour d'autres significations, voir la page d'homonymie Culture (homonymie)
Le mot culture tire son origine du mot latin colere, (« habiter », « cultiver », ou « honorer »). En général, cela se réfère à l'activité humaine ; différentes définitions du mot culture reflètent les différentes théories pour comprendre, ou évaluer l'activité humaine. En 1952, Alfred Kroeber et Clyde Kluckhohn ont écrit une liste de plus de 200 différentes définitions du mot culture dans leur livre Culture: A Critical Review of Concepts and Definitions.
L'utilisation populaire du mot culture dans beaucoup de sociétés occidentales, permet de réaliser un classement de leur caractère. Une utilisation fréquente du mot culture fait référence à la consommation de biens ou à des activités considérées comme élitistes : la cuisine, l'art, et la musique. On a certains labels comme la « haute » culture à distinguer de la culture « commune », qui signifie une consommation de bien et d'activités considérée comme normale. On oppose aussi industrie culturelle à diversité culturelle.
On distingue à travers le monde, les cultures écrites et les cultures orales. Mais de plus en plus, il convient de considérer que tous les peuples ont à la fois une culture écrite et une culture orale.
En agriculture, une culture est une espèce végétale que l'on développe sur un terrain ou un support entretenu ou alors un terrain ou un support entretenu pour y développer un végétal.
La culture se définit comme ce qui s'oppose à la nature ou comme ce qui la développe, et englobe donc tout ce qui est création humaine. Ce mot reçoit des définitions différentes selon le contexte auquel on se réfère. Ainsi, la définition que peuvent en faire les gouvernements lorsqu'ils fixent sa mission au Ministère de la Culture diffère de celle que l'on en donne dans les sciences humaines. La culture est l'ensemble des connaissances et des comportements qui caractérisent une société humaine.
Dans le domaine de l'Archéologie, la culture se définit comme étant l'ensemble des connaissances et des comportements qui caractérisent une société humaine. Seulement quelques cultures sont parvenues à l'état de civilisation dans l'histoire de l'humanité.
Définitions historiques
Beaucoup de projets du et du début du , mais aussi beaucoup de personnes aujourd'hui, identifient souvent la culture avec la « civilisation » et opposent ce couple à la « nature ». Ces personnes
oublient des éléments de la « haute » culture, qui parait souvent plus « naturelle », et les observateurs critiquent souvent (ou défendent) des éléments de la haute culture, qui répriment la « nature humaine ».
Citations
«Une culture qui ne serait pas une insurrection permanente de l'esprit ne serait qu'une industrie de plus.» Jean-Marie Domenach (Europe, le défi culturel, 1990)
"Quand les hommes sont morts ils rentrent dans l'histoire, quand les statues sont mortes, elles rentrent dans l'art, cette botanique de la mort, c'est ce que nous appellons la culture. Chris Marker (Les statues meurent aussi d'Alain Resnais)
Textes ou auteurs en rapport
- Merleau-Ponty
- Denys Cuche
...
"La culture, c'est la manière dont un groupe de personnes résout ses problèmes. " F. Trompenaars
La culture chez les animaux
En définissant la Culture comme étant un ensemble de savoirs et de pratiques qui se partagent et se transmettent au sein d'un groupe donné, on a longtemps pensé que les êtres humains étaient seuls concernés. On sait aujourd'hui que cela n'est pas tout à fait vrai, certains grands primates et certains mamifères marins développent eux aussi des formes de cultures : l'étude du chant des baleines nous apprend par exemple que celles-ci ont des "tubes" annuels ; On sait que les chimpanzés de certaines régions développent et se transmettent des savoir-faire que d'autres ne connaissent pas : usage d'outils, fabrications de "chaussures", etc.
Liens internes
- Agriculture, Culture vivrière, Artisanat, industrie, commerce, politique, religion, doxa
- Art, culture et musique, Langue, Littérature, esthétique, Philosophie, science
- Culture populaire, Culture enfantine, Culture de jeunesse, Contre-culture, Culture sourde
- Diversité culturelle, Capital culturel, Créatifs Culturels, Révolution culturelle, Relativisme culturel, Médiation Culturelle
- Ministère de la Culture (France), Direction régionale des affaires culturelles, Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture, Patrimoine (culture)
Liens externes
- [http://www.artelio.org/souche.php3?id_mot=227 Un dossier sur le mécénat culturel]
- [http://www.mediation-culturelle.info Portail de la Médiation Culturelle]
- Pôles de ressources Art et Culture en Aquitaine
Catégorie:Anthropologie Catégorie:Culture Catégorie:Organisation sociale Catégorie:Philosophie Catégorie:sciences
zh-min-nan:Bûn-hoà ja:文化 simple:Culture
Renard
Le mot renard désigne différents mammifères carnivores de la famille des Canidés, souvent du Vulpes, proche du loup.
Toutes ces espèces ont les points communs suivants :
- un museau allongé,
- des oreilles dressées,
- une petite taille (60 à 75 cm pour le corps, et 35 à 50 cm pour la queue),
- un poids compris entre 6 et 10 kg.
Vocabulaire
- Le renard glapit (extrait sonore).
- Le petit du renard est le renardeau.
- La femelle du renard est la renarde.
- Le renard pratique le mulotage pour chasser les rongeurs.
Étymologie
Jusqu'à la fin du et dans nombreux dialectes français, cet animal est appelé goupil. Renard n'est autre que le prénom donné à un goupil dans le Roman de Renard. Dans ces fables les animaux parlaient et portaient un prénom. Renard le goupil avait la réputation d'être très malin et pour cause le mot renard s'écrivait renart, jusqu'à milieu du et dérive d'un nom propre germanique Reginhart (formé de l'assemblage de ragin, conseil, et hart, fort).
Peu à peu, le prénom de Renard c'est substitué au terme goupil.
Le mot goupil vient, suivant une succession de formes altérées du bas latin vulpiculus, lui-même dérivé du latin classique vulpecula (petit renard), diminutif de vulpes (renard) en latin classique. (probablement du grec άλώπηξ : alopex)
Les espèces de renards
Le nom de renard est porté par de nombreuses s notamment du Vulpes, mais aussi des genres Cerdocyon, Otocyon (ou Renard à oreilles de chauve-souris), Pseudalopex et Urocyon.
Le renard commun, ou renard roux
Urocyon
C'est l'espèce des Vulpes vulpes, la plus répandue en Eurasie, en Amérique du Nord, en Afrique du Nord et en Australie. Son pelage est en général roux. Il habite principalement dans des terriers creusés par les blaireaux ou les lapins. Il se nourrit surtout de campagnols, de lapins, de poissons et de fruits.
Son principal prédateur est l'homme, qui le chasse pour sa fourrure, le plaisir et car le renard est vecteur de la rage.
Une campagne de vaccination anti-rabique a rapidement permis d'éradiquer la rage d'Europe de l'Ouest.
Le renard était cependant encore chassé au Royaume-Uni, dans les chasses à courre jusqu'à la mi-septembre 2004, date à laquelle cette pratique fut interdite.
Le renard polaire ou isatis (Vulpes lagopus) vit dans des milieux où les températures sont très basses en hiver. Il peut résister à des températures de -70° C. Sa faible taille et sa fourrure lui permettent de limiter la déperdition de chaleur. Sous chaque patte, il a une touffe de poils qui lui permet de s'isoler contre le froid. Sa fourrure blanche en hiver lui permet de mieux se confondre avec la neige, améliorant ainsi son camouflage. En été, son pelage est brun.
renard japonais
La japonaise, Vulpes vulpes japonica, serait originaire d'Inde. Il se rencontre couramment en groupe. Il est appelé « 狐 » (Kitsune) en japonais. Il joue un rôle important dans le folklore nippon.
Sous ce terme, sont regroupés le renard tibétain (du genre Vulpes), le renard des sables saharien et le Fennec.
Les cousins du renard
Nous ne ferons que citer (car appartenant au genre Canis), le chacal africain, le coyote américain et le dingo australien qui occupent la même niche écologique
Mythes et folklore liés aux renards
Chez les peuples du nord de l'Europe, le renard est l'un des animaux emblématique de Loki. Par ailleurs, Renarde semblerait recouvrir une Dise / Matrone du Rhin.
Selon certaines sources, il aurait guidée Orphée dans sa descente aux Enfers. Le renard est aussi le symbole des habitants la ville grecque de Messène. .
En Europe les renards apparaissent dans plusieurs récits (mélangeant faits réels et fiction) où ils sont souvent persécutés. Au Moyen Âge, il est souvent dépeint en tant que membre du clergé, courtisant ses assistances, des moutons, qu'il peut à loisir croquer.
Parmi les textes célèbres mettant en jeu le renard, on peut citer :
- Le Roman de Renart, datant du Moyen Âge.
- Les fables d'Ésope de l'antiquité grecque, qui inspirèrent Jean de La Fontaine au :
- Le Corbeau et le Renard, montre un renard flatteur et trompeur.
- Le Renard et la Cigogne, montre un renard penaud de s'être retrouvé piégé par la cigogne qu'il avait au préalable trompée.
- Le Renard et les raisins, dépeint un renard qui feint de mépriser des raisins inaccessibles : « Ils sont trop verts » y dit-il.
- Dans Le Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry, un renard apprend au Petit Prince la vraie valeur des choses et en premier lieu celle de l'amitié.
- Son nom espagnol « zorro » est aussi celui d'un célèbre justicier masqué.
Japon, adjacent du temple bouddhiste de Nara]]
Dans le folklore nippon, kitsune (le renard), tanuki et tengu sont les différentes formes d'un esprit magique polymorphe, appelé mononoke en tant que groupe.
Les noms qu'ont leur donne sont souvent féminins, ce qui signifie que les kitsune sont perçues comme une notion féminine. Elles sont rusées, jouent des tours et sont douées de pouvoirs magiques.
N'importe quel renard est censé devenir capable de changer de formes quand il atteint un âge avancé (souvent une centaine d'années), et ses pouvoirs ne cessent de croître avec le temps et parallèlement de nouvelles queues lui poussent.
Les kitsune sont souvent associées avec la divinité du riz Inari. Au départ les kitsune étaient les messagères d'Inari, mais les deux notions ont été assimilées au fil du temps l'une à l'autre. On trouve des kitsune à l'entrée des sanctuaires d'Inari. Les Kitsune sont reliées tant au rites shintos que bouddhistes.
Les kistune sont sensées être douées de pouvoirs magiques important, comme la possession, la capacité de souffler du feu, ou d'ignition en frottant leurs queues les unes contre les autres. Elles pourraient aussi se manifester dans le monde onirique, créer des illusions, courber l'espace et le temps, ou rendre les gens fous.
Il y a plusieurs type d'esprits kitsune, tels que les kitsune spectrales (Les Bakemono Kitsune de trois types : Reiko, Kiko or Koryo), ou les kitsune célestes (Tenko, les renard à neuf queues, agés de 1 000 ans). Les kitsune sont selon leur type, diaboliques (comme Kuko, le renard aérien) ou de bon augure (comme Genko le renard noir).
Les kitsune sont souvent présents dans le folklore actuel, dans les mangas ou films japonais.
Le plat japonais « kitsune udon » est une soupe udon qui contient du tofu cuit (atsuage), dont les kitsune sont réputés friands.
Dans les autres mythologies
De nombreux peuples ont remarqué les mœurs rusés du renard et les traduisent de manières différentes dans leurs récits mythologiques.
Dans de nombreux pays d'Orient (Chine, Iran, Japon, Mongolie...), c'est un personnage double : la renarde est une horrible sorcière qui se déguise, le jour, en une superbe jeune fille parée de toutes les qualités, elle séduit les hommes et les entraine, la nuit, dans son antre, où elle leur fait subir mille vilénies...
Domestication
L'adoption de renards comme animaux de compagnie est proscrite dans la plupart des pays (hors élevage), eu égard à la mauvaise réputation sanitaire de l'animal qui, outre la rage, est fréquemment parasité par des tiques, des puces, et véhicule des maladies néfastes à l'homme, notamment par ses excréments. Il semble pourtant que cet animal s'apprivoise assez bien.
Liens externes
- [http://www.coyotes.org/kitsune/ Une page sur les kitsune et les renards (anglais)]
ja:キツネ
catégorie:mammifère (noms vernaculaires)
Catégorie:Canidé
Kitsune
Dictionnaire -
Un dictionnaire est une liste de mots (morphèmes libres, mots composés, expressions lexicalisées) classés sous leur lemme (ou entrée), accompagnés de leurs définitions ou leur correspondance dans une autre langue. Beaucoup de dictionnaires renseignent sur la prononciation, l'étymologie et donnent des conseils d'usage ainsi que des phrases d'exemple.
Pour les langues à écriture alphabétique, les dictionnaires classent les lemmes dans leur ordre alphabétique. Pour les langues qui utilisent des sinogrammes (chinois, japonais), le classement est plus difficile et sujet à controverse (certains signes ayant différentes lectures : consulter le Dictionnaire de sinogrammes).
Il y a différentes sortes de dictionnaires, par exemple certains sont historiques, d'autres bilingues. Ainsi, dans un dictionnaire franco-anglais, le mot lune sera associé au mot anglais moon.
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EncyclopédieUne encyclopédie est un ouvrage dont le but est de refléter de manière aussi exhaustive que possible l'ensemble du savoir humain. Par extension, le mot désigne également un ouvrage qui traite systématiquement d'un domaine de connaissances en particulier (par exemple une encyclopédie médicale).
savoir
Le mot encyclopédie vient du grec ancien enkuklios paideia (εγκύκλιος παιδεία) qui désignait l'éducation des jeunes (paidea = enfants) lorsqu'elle portait sur l'étude de toutes les sciences connues à l'époque. Il devint enkuklopaideia par une erreur de transcription, puis au , des savants hors-francophonie latinisèrent l'avant-dernière syllabe en encyclopædia.
L'Encyclopédie de Diderot et de d'Alembert
L'Encyclopédie ou dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers en 35 volumes (17 volumes de textes, 11 de planches, 4 de supplément, 2 d'index et 1 supplément de planche), a été écrite entre 1751 et 1772 à l'initiative de Denis Diderot et Jean d'Alembert, philosophes du siècle des lumières, sur une idée du libraire Le Breton.
Pour mener à bien cette "opération de librairie", Le Breton a dû s'associer avec trois autres libraires : Briasson, David et Laurent Durand.
Diderot réunit 150 auteurs, parmi lesquels les grands esprits de l'époque, et cette oeuvre fit vivre 1000 ouvriers pendant 25 ans :
- Voltaire, Montesquieu et Marmontel pour la littérature
- Condillac pour la philosophie
- Buffon et Daubenton pour les sciences naturelles
- D'Holbach pour la chimie
- D'Alembert et La Condamine pour les sciences
- Robert Turgot et François Quesnay pour l'économie
- Rousseau pour la musique.
Michelet dira : « l'Encyclopédie fut bien plus qu'un livre. Ce fut une faction… l'Europe entière s'y mit ». Elle permet à tous les hommes d'avoir accès à la connaissance. Par ailleurs, il est important de signaler que l'Encyclopédie signe l'apparition des sciences humaines. Il s'agit aussi (et surtout) d'une arme polémique qui remet en cause de nombreuses choses du . L'Encyclopédie critique plus particulièrement le système social de l'époque (société d'Ancien Régime), les institutions, les inégalités entre les hommes, l'autorité royale de droit divin, la monarchie absolue : elle constitue aussi une compétition, en terme de tirage, avec celui de la Bible.
L'Encyclopédie fut interdite en 1751 et en 1759, et elle fut condamnée par le pape Clément XIII. L'ouvrage est vendu à 25 000 exemplaires entre 1751 et 1782.
Encyclopédies sur papier
Il existe trente encyclopédies papier sur le marché. Le nombre de pages peut énormémement varier. Certaines encyclopédies sont davantage axées sur un domaine. Il existe également des encyclopédies spécialisées.
Parmi les encyclopédie généralistes en papier on trouve :
- l'Encyclopædia Universalis
- l'Encyclopédie Larousse
- l'Encyclopædia Britannica
Parmi les encyclopédies spécialisées on trouve :
- [http://visualiseur.bnf.fr/Visualiseur?Destination=Gallica&O=NUMM-31217 Le Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales] (le lecteur trouvera d'autres tomes de cette encyclopédie en trente-six tomes sur le même site)
- [http://visualiseur.bnf.fr/Visualiseur?Destination=Gallica&O=NUMM-39779 Le Dictionnaire encyclopédique et biographique de l'industrie et des arts industriels en huit tomes] (même remarque)
Encyclopédies sur cédérom
- Encarta
- Encyclopédie Hachette Multimédia
- Encyclopedia Universalis
- Encyclopédie Universelle Larousse
Encyclopédies sur le Web
- Voir Encyclopédies sur Internet.
Citations
« Le but d'une encyclopédie est de rassembler les connaissances éparses sur la surface de la terre ; d'en exposer le système général aux hommes avec qui nous vivons, et de les transmettre aux hommes qui viendront après nous. » Denis Diderot (Extrait de l’Encyclopédie)
Voir aussi
Liens externes
- [http://www.academie-francaise.fr/ Le site de l'académie francaise]
- [http://dmoz.org/World/Français/Références/Encyclopédies rubrique encyclopédies] de l'open directory project
- [http://www.les-dictionnaires.com Annuaire de dictionnaires, d'encyclopédies et de ressources culturelles.]
- 15 des 17 volumes de l'Encyclopédie sont disponibles sur le site http://gallica.bnf.fr/
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Roman de RenartLe Roman de Renart est un recueil de récits médiévaux français des et s ayant pour héros des animaux agissant comme des humains.
Premières approches
Dès le siècle, la bourgeoisie a sa propre littérature, véritable satire sociale, avant la lettre. Elle est par essence malicieuse, pittoresque, parfois grivoise ou, à l'inverse, morale, mais le plus souvent réaliste. Il nous en reste essentiellement des fabliaux ( - Estula - - Le lévrier et le serpent- - Maître Pathelin- - Moniage Guillaume - - La Mort Artu : Anonyme du 13e siècle - - Les belles amours du chevalier de Faublas...) et surtout le Roman de Renart.
C'est une œuvre composée de courts récits indépendants, quelquefois en prose, le plus souvent en vers octosyllabiques. Écrit en français, langue romane d'où le nom roman, il en existe 27 branches rédigées, au cours des temps, par des auteurs différents. Il met en scène des animaux dont les deux principaux : le loup « Ysengrin » et surtout le goupil « Renart », le si célèbre héros. Le Roi-lion, lui, sert d'arbitre.Le récit a 80 000 vers,ils sont à rimes plates pour favoriser la citation de ces récits(c'était les troubadoures qui les racontaient sous diverses formes aux peuples parce que au moyen âge,très peu de gens savaient lire et écrire).
Interprétations
Ces textes satiriques ont des fonctions diverses :
- de critique sociale par l'attaque des classes dominantes ; parodie des chansons de geste et romans courtois, mêlée d'anticléricalisme. Ces classes dominantes, incapables de nourrir les petites gens.
- psychologiques (voire cathartiques) : transgression de tabous religieux (Dieu est absent) ; alors que l'antagonisme central entre Renart et Ysengrin fait appel à la scène primitive (le viol de la louve).
Attention, Renart dénonce (la faim, la violence, la bêtise...) mais ne propose rien : ce n'est pas son affaire !
Les œuvres les plus tardives (Renart le Bestourné (à l'envers) de Rutebeuf, ou l'anonyme Renart le Contrefait, (1319-1342) accentuent encore la satire.
En fait pour certains, Renart, représenterait le petit peuple, toujours prêt à mille « jongleries » pour survivre ; Ysengrin : la bourgeoisie, lourde et patentée ; Grimbert, le blaireau : le clergé et Brun, l'ours : la noblesse.
Pour d'autres (qui semblent aller encore plus loin), il s'agirait de la cellule primaire : la famille. Goupil serait la femme, un peu rusée, un peu sorcière et l'ours, l'éternel mari -fort et brutal- et toujours prêt à profiter mais finalement toujours berné. Une famille dont le patriarche, serait le lion ; le corbeau, la belle- mère ; l'ours: le beau-père, etc. D'ailleurs, ces rôles « traditionnels », se retrouvent, quasiment à l'identique, dans plusieurs autres cultures européennes (Finlande, Suède, Roumanie, Russie), ou même orientales (Chine, Inuits, Mongolie...).
Les frères Grimm y voient une « épopée animalière (Thiersage) venue de Germanie via Tacite. Ce qui lui conférerait des racines indo-européennes ».
Alors, les auteurs du Roman (seraient-ils), des peintres animaliers ? Non, peu leur chaut ; le monde des animaux, miroir du monde humain, sert avant tout à critiquer celui-ci. Les auteurs se moquent de tout, des chevaliers aux pèlerins, de la justice aux courtisans, montrant partout l'hypocrisie. Successeur d'Ésope, il préfigure les fables de La Fontaine.
Et si en fin de compte, Renart, dans ce cycle interminable, avait créé un autre univers : le sien ?
Bref, ces récits sont si riches que chacun peut y trouver ce qu'il y cherche ! De toute façon, c'est toujours Renart qui gagne...
Origines
Origine des noms
- Renard (ou Renart) est un nom de personne d'origine germanique : Raginhard (ragin = conseil + hard = dur). Faut-il le rappeler, le nom commun renard est au départ un prénom, et c'est la popularité du goupil, nommé Renart qui en a fait peu à peu un nom commun.
- Dérivés :
- Raynard, porté notamment en Vendée, Puy-de-Dôme et la région lyonnaise. Variantes : Raynart, Rainart (06), Rainard (79, 86).
- Regnard, porté notamment dans l'Yonne et la Somme, c'est un nom de personne d'origine germanique identique à Renard. Variantes : Regnart (51, 80) ; Réginard.
- Reynard, porté dans la région lyonnaise et le Vaucluse.
- Dans le poème de Nivard de 1148, plusieurs animaux retrouvent un nom fixé, de longue date, par la tradition. Ce sont : Reinardus le goupil, Balduinus l’âne, Bruno l’ours. Le nom des autres animaux ne reparaissent plus... inventés pour la circonstance, ils disparaîtront avec leur auteur.
- En Allemagne, de nos jours, Reinhart est un patronyme assez courant. D'ailleurs, nous retrouvons dans le « Glichezâre » : Reinhart pour Renart, Dieprecht pour Tibert, Diezelin pour Tiécelin. Par de singuliers échanges, ces termes d'origine mérovingienne (donc germanique) paraissent avoir ensuite été latinisés puis récupérés par le français, avant, d'être de nouveau germanisés puis enfin refrancisés définitivement (?).
- Ainsi goupil vient du latin Vulpes mais les Francs lui préfèrent le terme mérovingien Reinhardt qui sera une première fois francisé en Reynard (ou Reynart), repris en allemand tel quel, latinisé en Reinardus puis Renardus avant d'être définitivement refrancisé en Renard ou Renart. Il faut l'avouer, c'est assez complexe et on pourrait facilement y perdre son latin.
- Quant à Ysengrin, Ysen-grin, il signifie en flamand « féroce comme le fer » ou « casque de fer ».
Origine des textes
Ces textes sont issus d'une longue tradition de récits animaliers en latin, notamment :
- L'Ysengrinus, ainsi que des fables ésopiques regroupées au Moyen Âge dans des recueils nommés « Isopets ».
Elle peut se retouver dans :
- des contes populaires, sans doute très anciens pour quelques-uns (néolithiques ?)
- des auteurs latins (Ésope)
- des poèmes en bas-latin, surtout :
- La Disciplina clericalis, recueil « d'exempla » (petits contes moraux) d'origine orientale composée en latin vers 1110 par Pierre Alphonse, médecin sépharade converti au christianisme. On y trouve des récits promis à un succès durable dans la littérature européenne comme la première élaboration connue du « Conte du loup et du renard dans le puits » (branche IV du Roman) ou des récits fournissant l'intrigue d'autres fabliaux célèbres.
- lYsengrinus : 6 500 vers en distiques latins, où l'on trouve pour la première fois, le personnage de Reinardus) du clerc flamand Nivard de Gand qu'il écrivit en 1148-1149 sous le titre premier de « Renardus vulpes ».
- dans les récits de Marie de France, parus en 1152.
Attention, le Roman de Renart n'est pas un roman à proprement parler, mais un ensemble disparate de récits en octosyllabes de diverses longueurs, appelés dès le Moyen Âge « branches » ; on en dénombre 25 à 27 de 300 à 3 000 vers, soit quelques 25 000 vers. La branche I, la plus ancienne (v. 1170) est attribuée à Pierre de Saint-Cloud. Dès le siècle les branches sont regroupées en recueils, apportant une certaine unité.
Si le texte original, en français, s'est perdu, on en retrouve une première traduction en allemand en 1170, en Alsace, un trouvère nommé Heinrich der Glichezâre » (Henri l’Hypocrite) produisit un « Reinhart Fuchs » qu'il jurait autobiographique. Vers 1250, paraît « Reinaert de Vos », en flamand, composé en deux parties par deux auteurs différents, dont le premier, le trouvère Willem, qui travaillait en Flandre Orientale, était un poète au talent reconnu.
Les textes
Les auteurs identifiés
L'un des premiers auteurs connus en est Pierre de Saint-Cloud, érudit, qui fit paraître dans la première moitié du XII siècle Les enfaces Renart (L'enfance de Renard - Branche II=). Tel quel, ce texte de près de 1100 vers est assez difficile à lire, en voici cependant un court extrait :
:"Seigneurs, oï avez maint conte
:Que maint conteres vos aconte,
:Conment Paris ravi Helayne,
:Les maux qu'il en ot et la paine, 4
:De Tristram qui La Chievre fist,
:Qui assez belement en dist
:Et fables et chançons de geste,
:Romanz de lui et de sa geste," 8.
Richard de Lison, est le second auteur clairement identifié
Les branches
Elles ont varié au gré des rééditions.
:Branche I ; Si conme Renart manja le poisson aus charretiers, (Comment Renard mangea le poisson des charretiers) , Jugement de Renart. Siège de Malpertuis. Renart Teinturier.
:Branche II ; Les enfaces Renart, (L'enfance de Renard) de Pierre de Saint-Cloud.
:Branche III ; Si conme Renart fist Ysangrin moine, (Comment Renard fit Ysangrin moine).
:Branches IV-VI ; le Puits. Chanteclerc. la Mésange. Tibert. les deux prêtres, les Béliers, la Femme du vilain.
:Branches VII-IX ; Renart et le corbeau. le Viol d'Hersent. L'éconduit (l'escondit). le Duel de Renart et d'Isangrin. le Pélerinage de Renart.
:Branches X-XI ; Liétard. Renart et la mort de Brun. les Vêpres de Tibert.
:Branches XII-XVII ; les Poissons dérobés. Moniage d'Isengrin et la pêche au seau. le Labourage en commun et la collaboration de Renart à l'œuvre du Roi Connin. la Confession de Renart. Isengrin et le prêtre Martin. Isengrin et la Jument. le Bacon enlevé.
:Branches XVIII-XIX ; la Mort de Renart. Le Partage du lion. Renart médecin.
:Branche XX ; Renart empereur.
:Branche XXIV; La naissance de Renart (seconde version): « Lorsque Dieu eut chassé Adam et Eve du Paradis terrestre, il leur remit une baguette magique. Il leur suffisait d'en frapper la mer pour qu'apparaisse aussitôt un animal, Adam fit sortir de la sorte toute les bêtes utiles à l'homme, tandis qu'Eve peuplait la terre d'animaux cruels et sauvages. C'est ainsi que naquit Renart... »
Les personnages
Renart et Ysengrin
1250
Renart : est le goupil espiègle, personnage principal de ces récits. Complexe et polymorphe ( allant du bon petit diable redresseur de torts ( tel Zorro ), au démon lubrique et débauché ). Il incarne la ruse intelligente liée à l'art de la belle parole. Ses aventures mettent en scène un monde animal aux caractéristiques largement mais pas totalement anthropomorphiques : la queue souvent dépasse de l'armure.
Il eut un tel succès populaire que son nom deviendra nom commun, remplaçant, dans la langue parlée, celui de " goupil " qui tombera, peu à peu, en désuétude ( quoique des usages épisodiques en soient encore attestés de nos jours ). Messire Renart vit à Mauperthuis. Marié à Hermeline la " goupille ", il a au départ deux fils nommés " Percehaie " et " Malbranche " Plus tard, viendra un troisième fils nommé
" Renardel ".
Ysengrin : le loup bête et cruel, éternel ennemi de Renart, toujours dupé. Son épouse Dame Hersent la louve, fut jadis " violée " par Renard - ; d'où une éternelle rancœur.
- En réalité elle très secrètement éprise de Renart, au point de laisser ce dernier lui faire l'amour.
Autres personnages
Personnages principaux
Noble, le lion
Fière, la lionne
Beaucent, le sanglier
Belin ( ou Bellyn ), le bélier
Baudoin ( ou Bokart ), l'âne : secrétaire du roi-lion
Brun (ou Bruno ou Bruin), l'ours (d'après la couleur de sa robe)
Chanteclair le coq
Couard, le lièvre
Eme, le singe : époux de Dame Rukenawe, la guenon
Hersent, la louve : épouse d'Ysengrin qui fut " violée " par Renart
Grimbert, le blaireau (le taisson) : cousin et défenseur de Renart ; c'est aussi son seul ami. Mais Grimbert ne serait-il pas l'éponyme de Fulbert, le chanoine ?
Grymbart, la renarde : sœur de Renart
Ermelyne ( ou Dame Hermelyne ), la brebis : épouse de Bellyn. Elle a 2 sœurs : Dame Atrote et Dame Weasel.
Dame Rukenawe, la guenon : épouse d'Eme, le singe et tante de Renart. Elle aura 2 gars : Bytelouse et Fulerompe que Renard s'empressera de croquer.
Tibert, le chat
Ticelin, le corbeau
Personnages secondaires
Blanche, l’hermine (parfois confondue avec Hermeline)
Brichemer, le cerf : sénéchal
Bernard, l’âne
Corbant le freux et son épouse Dame Sharpebek
Coupée, la geline
Courtois (ou Courtoys), petit chien
Drouin, le moineau
Hubert, l’escoufle (milan)
Firapel, le léopard
Jacquet, l'écureuil
Dame Mésange, la mésange
Musart, le chameau : légat du Pape
Ordegale, femme castor
Pantecroet, la loutre
Roonel, le mâtin (gros chien)
Tardif, le limaçon
Vader de Lantfert : fils de Dame Pogge de Chafporte et de Macob
Personnages non (ou mal) identifiés
Maître Akeryn
Aue et Baetkyn
Abelquak
Dame Baue
Dame Julocke
Dame Slopecade
Recentrer le Roman dans l'histoire
Selon l'érudit Lucien Foule', sa composition s’échelonne de 1174 à 1250. Vingt-huit auteurs indépendants y ont collaboré, dont seulement deux ont tenu à nous transmettre leur nom. Ces écrivains ont réalisé une œuvre maîtresse, et à succès.
Rutebeuf écrivit un Renart le bestourné, et Jacquemart Gelée de Lille, un Renart le Nouvel. Le Couronnement de Renart (anonyme) date de la seconde moitié du XIII siècle. Au XIV siècle, on réécrit deux fois Renart le Contrefait ; la première est l’œuvre d’un commerçant en épices ; la seconde, véritable somme ne compte pas moins de 40 000 vers (produits entre 1319 et 1342).
En 2004, 4 fabliaux renardins ont encore été produits.
Donc 9 siècles après sa naissance, Renart le malin vit toujours, tout au moins dans les livres ( et dans les cœurs ).
Adaptation télévisuelle
right
En 1985, " le Roman de Renart " a été adapté assez librement et « modernisé » dans une série d'animation française appelée Moi Renart .
Voir aussi
Articles connexes
- Jacquemart Giélée
- Moi Renart : série télévisée d'animation
jeannette
Bibliographie
Bibliographie française
- Elisabeth Schulze-Busacker, Renart, le jongleur étranger : analyse thématique et linguistique à partir de la Branche Ib, in Actes du IIIe Colloque International « Beast Epic, Fable and Fabliau », Münster 1980, Köln / Wien (Böhlau), 1982, p. 380-391.
- Réédition du Manuscrit de Cangé par Mario Roques, 1958.
- Réédition d'Honoré Champion, 1960 - 1983.
- Édition de Félix Lecoy d'après le manuscrit Cangé. 1999 [160 pages].
- Ed. L'Art - H Piazza 1966, couverture et ornements decoratifs par Jan-Loic Delbord, 204p
- Édition complète, Bibliothèque de la Pléiade, avril 1998.
Bibliographie non-française
- Anthony Lodge, The Earliest Branches of the « Roman de Renart », Editions Peeters, Louvain, Paris, 2001.
- The Romance of Reynard the Fox. Ed. and trans. Roy Owen. Oxford: Oxford UP.
- Antonio Domínguez, El Roman de Renard y la cuentística española : In Estudios en Homenaje al Dr. Antonio Beltrán Martínez, Zaragoza: Facultad de Filosofía y Letras de la Universidad de Zaragoza, 1986. 953-68.
- Carlos García Gual, El Roman de Renard : carrera de un héroe anticaballeresco, In García Gual, Primeras novelas europeas. 2ª ed. Madrid: Istmo, 1988. 277-89.
Catégorie:Conte français
catégorie:littérature française
Catégorie:Littérature médiévale
ÉtymologieEtymologie EtymologieEtymologie
L'étymologie est une discipline diachronique de la linguistique, qui étudie l'origine des mots. Elle s'appuie sur des lois de la phonétique historique et sur l'évolution sémantique des termes envisagés.
Étymologie du mot
Étymologie est un mot composé savant grec, ετυμολογία / etumología, lui-même formé sur les radicaux ετυμος étumos « véritable » et de la base -λογια -logia (dérivée de λόγος « discours, raison »), qui fournit les noms de disciplines. C'est donc, à l'origine, l'étude de la vraie signification d'un mot. Cette définition naïve doit cependant être dépassée : l'étymologie étudie l'origine des mots.
On considère que les mots d'une langue peuvent, d'un point de vue diachronique, avoir principalement trois origines :
- ce sont des mots hérités d'un état plus ancien de la même langue ou d'une langue-mère, mots qui ont donc subi les processus d'évolution phonétique ; le terme ancien à l'origine du mot nouveau est nommé étymon ;
- ce sont des mots empruntés à une autre langue, qui sont donc adaptés au système phonologique et graphique de la langue réceptrice ;
- ce sont des créations ou « néologismes » (souvent à partir de racines grecques et latines pour les langues européennes, parfois à partir de racines propres à la langue elle-même).
Doublets populaires et savants
Quand, dans une langue, un même étymon a été hérité et emprunté ultérieurement, les deux mots obtenus sont nommés doublets. On en trouve un grand nombre en français : la plupart des mots français proviennent en effet du latin ; certains se sont transmis depuis le latin vulgaire en se modifiant phonétiquement, ce sont les mots hérités ; le même étymon a parfois aussi été emprunté postérieurement, dans le vocabulaire savant ; les deux mots issus du même seul étymon latin mais ayant suivi deux voies différentes se nomment respectivement doublet populaire et doublet savant. Leurs sens sont la plupart du temps différents, le doublet savant gardant une acception plus proche du sens étymologique. Ainsi le mot latin potionem donne potion dans la langue savante, mais poison dans la langue populaire !
C'est aussi le cas pour l'étymon fabrica(m) :
- le mot hérité du latin vulgaire a donné forge après avoir suivi les lois de l'évolution phonétique ;
- le mot latin a été emprunté au XIV siècle pour devenir le doublet savant fabrique.
D'autres doublets importants, dans l'ordre vulgaire / savant (étymon latin) : orteil / article (articulum), chose / cause (causam), froid / frigide (frigidum), moule / muscle (musculum), métier / ministère (ministerium), tôle / table (tabulam), etc.
Il faut donc distinguer entre les mots hérités de la langue-mère qu'est le latin, et ceux qui ont été empruntés.
Consulter Doublet lexical pour d'autres informations
Sources d'emprunts du français
La langue française a emprunté de nombreux mots à d'autres langues :
- au francique pendant le Moyen Âge, qui a donné nombre de mots du vocabulaire de la guerre et de l'armement ;
- au grec ancien pour former des mots savants ;
- à l'italien ;
- à l'allemand ;
- à l'anglais, surtout au XX siècle ;
- à l'arabe, dans les domaines de l'astronomie de la chimie, des mathématiques et du commerce;
- à l'espagnol, etc.
Henriette Walter dans l'Aventure des mots français venus d'ailleurs relève : « À titre indicatif, les emprunts linguistiques français sont bien réels : ainsi sur les 35 000 mots d'un dictionnaire de français courant, 4 200 sont de toute évidence empruntés à "des langues étrangères" », dont les principales sont : l'anglais (25 %), l'italien (16,8 %), le francique (13 %), l'arabe (5,1 %).
Lien externe
- [http://www.site-magister.com/vocabcd.htm Connaître et utiliser les radicaux grecs.]
Articles connexes
- Linguistique comparée ;
- phonétique historique ;
- emprunt lexical ;
- doublet lexical ;
- lexicalisation ;
- racine (linguistique) ;
- liste des patronymes devenus noms communs ;
- Étymologie populaire ;
- Étymologie en sciences
ja:語源
zh-min-nan:Gí-goân-ha̍k
Péjoratifwikt:péjoratif
Injure
catégorie:droit pénal
Une injure est une parole offensante adressée à une personne dans le but de la blesser délibérément, en cherchant à l'atteindre dans son honneur et sa dignité. Une insulte, quasi-synonyme d'injure, est cependant considérée comme une injure moins grave. Une injure grave est un outrage.
En France, selon l'article 29 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, « toute expression outrageante, termes de mépris ou invective qui ne renferme l'imputation d'aucun fait est une injure. » C'est ce dernier point, l'absence d'imputation de fait précis qui fait la différence, parfois difficile à apprécier, entre l'injure et la diffamation.
Comme la diffamation, l'injure peut constituer un délit ou une contravention selon les conditions dans lesquelles elle est proférée, et peut être passible de peine de prison ou d'amende.
En particulier, la gravité des sanctions varie selon qu'elle est ou non précédée de provocations de la part de la personne injuriée, et selon la qualité de la personne à laquelle elle s'adresse selon qu'il s'agit d'un particulier, d'un fonctionnaire public ou d'une institution, par exemple. L'injure crée automatiquement un préjudice à l'encontre de la personne injuriée, cependant sont montant est souvent difficile à évaluer.
Voir aussi
- Injure raciste
- Insulte
- Outrage
- Diffamation
- Droit de réponse
Acide désoxyribo-nucléiqueright
L'ADN, sigle de acide désoxyribonucléique, est une longue molécule que l'on retrouve dans tous les organismes. L'ADN est présent dans le noyau des cellules eucaryotes, les cellules procaryotes, dans les mitochondries ainsi que dans les chloroplastes. Les organismes vivants les plus simples, les virus, sont constitués essentiellement d'une enveloppe (elle-même constituée de protéines) et d'un brin d'ADN (ou d'ARN).
On dit que l'ADN est le support de l'hérédité car cette molécule a la faculté de se reproduire et d'être transmise aux descendants lors des processus de reproduction des organismes vivants. Il est à la base de processus biologiques importants aboutissant à la production des protéines. D'un point de vue chimique, l'ADN est un acide faible.
Structure
processus biologiques
Une structure en forme de double hélice (découverte en 1953 par James Dewey Watson, Francis Crick et coll. et en partie grâce aux travaux de Rosalind Franklin).
Un polymère de bases désoxyribonucléiques est constitué de répétitions de nucléosides formés d'un groupe phosphate lié à un sucre, le désoxyribose, et à une base azotée A, T, C ou G. Le squelette est formé de la répétition sucre - phosphate, ce qui change est la base.
Bases azotées
Quatre bases ont été identifiées : l’adénine (A) et la guanine (G) font partie de la famille des purines. La thymine (T) et la cytosine (C) sont de la famille des pyrimidines. Elles sont complémentaires entre elles et uniquement associables l’une avec l’autre. Un « brin » d'ADN est formé de la répétition ordonnée de ces quatre bases.
pyrimidinepyrimidinepyrimidinepyrimidine
Complémentarité des brins d'ADN
Les deux brins antiparallèles d'ADN sont toujours étroitement reliés entre eux par des liaisons hydrogène (également appelées ponts hydrogène ou encore simplement liaisons H ou ponts H) formées entre les bases complémentaires A-T et G-C. Ces deux brins d'ADN sont dit complémentaires car les purines (Adénine et Guanine) d'un brin font toujours face à des pyrimidines de l'autre brin (Thymine et Cytosine). Les nucléotides sont complémentaires entre eux. Ainsi, l'adénine est complémentaire à la thymine et la guanine est complémentaires à la cytosine. Deux liaisons hydrogène retiennent ensemble la paire A-T et trois retiennent la paire G-C
Propriétés physico-chimiques
Fusion
La température de fusion des acides nucléiques comme l'ADN est la température pour laquelle les deux brins se désapparient. L'énergie thermique apportée devient alors suffisante pour rompre les liaisons H interbrins. Cette température dépend donc de la quantité de liaisons hydrogènes présentes. Plusieurs formules empiriques permettent de calculer la valeur de la temperature de fusion. Elles tiennent compte du pourcentage de base (G+C), de la salinité du milieu ainsi que de divers facteurs correctifs, tels que la presence de structures secondaires intra ou extra moléculaires (repliement de l'ADN sur lui même, formation d'appariements entre deux brins). La connaissance de la température de fusion est un élement important au laboratoire lorsqu'il s'agit de faire de la PCR par exemple.
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Un lien hydrogène est une mise en commun d'un proton entre un accepteur et un donneur. Plus il y a de liaisons hydrogènes dans une molécule d'ADN, plus l'énergie de liaison est élevée et plus sa température de fusion sera élevée.
Ainsi une molécule double brin composée uniquement de C-G (3 liens H) nécessitera plus d'énergie pour être ouverte qu'un ADN de même taille composé de A-T (2 liens H). Ceci explique pourquoi la température de fusion de l'ADN varie en fonction de deux facteurs principaux :
- sa taille (exprimée en nombre de bases, généralement en kilobase kb ou mégabase Mb ...)
- son rapport (A+T)/(C+G) qui donne un indice des proportions de paires A-T versus C-G.
Réplication de l'ADN
Les expériences de Meselson et Stahl ont démontré que la réplication de l'ADN est de type semi-conservatif. Chacunes des deux molécules d'ADN fille hérite un brin de l'ADN mère ou parentale tandis que l'autre est synthétisé à partir de nucléotides libres.
Les paires de bases sont désappariées par rupture des liaisons hydrogènes de l'ADN par une enzyme appelée ADN polymerase. Une fourche de réplication va alors se former donnant 2 brins d'ADN distincts qui, par le biais de la complémentarité vont édifier 2 nouvelles molécules d'ADN composées chacune d'un brin de l'ancienne molécule et d'un brin nouvellement formé.
Transcription
Chez les procaryotes (organismes unicellulaires sans noyau), tels que les bactéries, l’ADN est présent sous la forme d’un seul chromosome circulaire superenroulés (à la manière d'un cordon téléphonique). Cet ADN circulaire peut se compacter encore plus en faisant des super-hélices et ceci va donner une structure nommée Nucléotide.
Chez les eucaryotes, l’ADN est généralement sous forme de plusieurs chromosomes linéaires. Cet ADN se situe dans le noyau et lorsqu’il est compacté et associé à des protéines telles des histones, il se nomme chromatine.
Même si pour les procaryotes et les eucaryotes, l'ADN ne se trouve pas sous la même forme, il renferme dans les 2 cas l'information génétique, c'est à dire que des zones de l'ADN appelé “gène” code pour les protéines. Mais comment une séquence d'acides nucléiques peut-elle coder une séquence d'acides aminés ? En fait, lorsque la cellule aura besoin de protéines (par exemple des protéines de structure lors de sa division, ou des enzymes pour fabriquer les molécules dont elle a besoin pour fonctionner), elle va transcrire, c'est à dire recopier une partie de ses gènes (i.e. les gènes codant pour les protéines d'intérêt) sous forme d'ARN grâce à une enzyme nommée “ARN polymérase ADN dépendante de type II”. Cette enzyme va produire un ARN messager (ARNm) identique à la séquence d'ADN (par ex : AUGUCUUUAUGU....UAG) du gène. L'existence de l'ARNm a été demontrée par Jacques Monod et ses collaborateurs, ce qui lui valut le prix Nobel de Médecine en 1965. A l'inverse de l'ADN, l'ARNm n'est pas sous forme de double hélice et il adopte des strutures secondaires complexes. Il est moins stable que l'ADN, c'est à dire qu'il est dégradé plus facilement, de par la presence d'un ribose à la place d'un desoxyribose. Le ribose est très sensible à l'hydrolyse alcaline tandis que le desoxyribose y est totalement insensible.
Cet ARNm sera traduit en protéine au niveau des ribosomes du réticulum endoplasmique. Ces ribosomes vont décoder l'ARNm, c'est à dire le code AUG UCU CUU ... pour assembler les acides aminés correspondants et faire une protéine.
Le ribosome est complexe multiprotéique comprenant des ARN ribosomiaux (non codant). Chez les eucoaryotes, les ARNm sont d'abord maturés avant d'être traduits, grâce à des ARNsn (snRNA en anglais, petits ARN nucléaires)...
La transcription est un processus complexe et l'élucidation de ses mecanismes fut l'une des grandes avancées de la biologie de la seconde moitié du 20e siecle. C'est un processus hautement régulé, notament grâce à des protéines appelé facteurs de transcription qui, en réponse à des hormones par exemple, vont permettre la transcription de gènes cibles (par exemple les gènes exprimés quand la cellule reçoit des oestrogènes, ou de la progesterone, des hormones dites sexuelles). Une dérégulation des mécanismes de régulation et la machinerie s'emballe, les ARN sont transcrits de manière anarchique, les protéines sont présentes en excès, entrainant un fonctionnement aberrant des cellules, un fonctionnement cancéreux. En effet, dans un grand nombre de cancers, la transcription de certains gènes est altéré, ce qui entraine un dérèglement total de la cellule.
Découverte
C'est au laboratoire Cavendish de Cambridge, le 25 avril 1953, que James Watson, alors âgé de 25 ans, Francis Crick, physicien de formation, et Rosalind Franklin, qui n'obtint pas le prix Nobel pour diverses raisons , ont établi par rayons X la structure en double hélice de l'ADN. Ils s'appuyèrent sur plusieurs faits établis :
- La complémentarité des bases a été suggérée, en 1949, par les règles d'équivalence de Chargaff : pour une espèce donnée la quantité de A et T, ainsi que la quantité de C et G sont sensiblement égales. Exemple chez l'homme : A=30,4% & T=30,1% ; C=19,6% & G=19,9%.
- Linus Pauling a tout juste élucidé l'organisation de la protéine kératine sous forme d'hélice.
- En combinant ces données, James Watson et Francis Crick ont construit avec des tiges métalliques le premier modèle en double hélice de l'ADN.
Différents types d'ADN
On distingue les différents types d'ADN suivants :
- ADN-A : forme d’ADN trouvée dans certaines régions d'ADN naturel, lorsque le degré d'hydratation est plus faible ou en présence de grande concentration de cations (Mg++, Ca+). Il s'agit d'une forme plus distendue pour laquelle les base azotées sont plus éloignés les unes des autres.
- ADN antisens : un des deux brins d'ADN double-brin, généralement le complémentaire (d’où anti) à l’ARNm, c'est-à-dire le brin non-transcrit. Pourtant, il n'y a pas un accord universel sur cette convention et les désignations préférées sont brin codant pour le brin dont la séquence est celle de l’ARNm, et brin noncodant ou brin matriciel pour le brin complémentaire (c'est-à-dire la matrice de transcription).
- ADN avec brèches : molécule d’ADN double brin ayant une ou plusieurs régions simple brin.
- ADN-B : forme d’ADN trouvée généralement dans la nature: une hélice droite.
- ADN biotinylé : molécule d’ADN marquée à la biotine par l’incorporation d’un nucléotide biotinylé (généralement l’uracile) dans la molécule d’ADN. La détection de l’ADN marqué est réalisée par la formation d’un complexe avec la streptavidine sur laquelle a été attaché un agent colorant tel que la péroxidase qui donne une couleur verte fluorescente suite à une réaction avec différents réactifs organiques.
- ADN chimère : ADN recombiné formé de fragments d'origines diverses.
- ADN circulaire : ADN formant une molécule circulaire. Dans le cas d'ADN circulaire double brin, on distingue les molécules ouvertes, dites relâchées (ou déroulées : un brin est coupé) et les molécules fermées (sans extrémités libres) qui souvent sont superenroulées.
- ADN circulaire fermé de façon covalente ou ADNccc (Covalently-Closed Circular DNA) : molécule d’ADN dont les extrémités libres sont ligaturées pour former un cercle. Les brins restent liés ensemble même après la dénaturation. Les plasmides se présentent sous cette forme in vivo. Dans sa forme native, l’ADNccc adaptera une configuration superenroulée.
- ADN chloroplastique : l’ADN présent dans le chloroplaste. Même si le chloroplaste possède un petit génome, le grand nombre de chloroplastes par cellule implique une proportion significative d’ADN chloroplastique par rapport à l’ADN total dans une cellule végétale.
- ADN complémentaire ou ADNc : ADN simple brin, qui est une copie d'un ARN obtenu par une transcription inverse. L'ADNc double brin résulte de la copie du premier brin par une ADN polymérase.
- ADN complémentaire double brinc ou ADNcdb : molécule d’ADN double brin produite à partir d’un ADNc matrice.
- ADN dénaturé : ADN double brin qui a été converti en simple brin par cassure des liaisons hydrogènes liant les paires de nucléotides complémentaires. Souvent réversible. Réalisé généralement par la chaleur.
- ADN double brin ou ADN duplex ou ADNdb : deux brins complémentaires d’ADN reliés sous la forme d’une double hélice.
- ADN en zigzag ou ADNz : duplex d'ADN dans lequel la double hélice est enroulée par la gauche au lieu de la droite, les bases azotées sont alors tournés vers le milieu extérieur. L'ADN adopte cette configuration en zigzag quand les purines et les pyrimidines alternent sur le même brin, par exemple 5'CGCGCGCG 3' ou 3'GCGCGCGC 5'. L'ADN en zigzag existe dans les chromosomes d'eucaryotes, mais sa fonction n'est pas encore connue.
- ADN espaceur : séquence d'ADN non transcrit, séparant les gènes à l'intérieur des unités répétées.
- ADN étranger : ADN exogène incorporé dans un génome hôte.
- ADN exogène : ADN dérivé d’un organisme, et destiné à être introduit dans une cellule d’une espèce différente. Fait aussi allusion à un ADN étranger ou ADN hétérologue.
- ADN homoduplex : molécule d’ADN double brin, à brins entièrement complémentaires.
- ADN hybride : molécule d'ADN composée de deux brins d'origines distinctes.
- ADN mitochondrial ou ADNmt : ADN circulaire présent dans les mitochondries. Chez les mammifères, l’ADNmt représente moins de 1% de l’ADN total, mais dans les plantes, la quantité est variable. Il code pour l’ARNr et l’ARNt et quelques protéines mitochondriales (jusqu'à 30 chez les animaux).
- ADN non répétitif : séquences d'ADN présentes dans le génome en un petit nombre de copies. Cet ADN présente la cinétique de réassociation attendue pour des séquences uniques, et se caractérise par une valeur de Cot élevée (concentration en ADN double brin en fonction du produit de la concentration totale en ADN (Co) par le temps d'incubation (t) dans des conditions déterminées).
- ADN porteur : ADN de séquence indéterminée qui est ajouté à l’ADN transformant (plasmide) utilisé dans les procédures de transfert physique d’ADN. Cet ADN additionnel augmente l’efficacité de transformation par électroporation et par des méthodes chimiques. Le mécanisme d’action est inconnu.
- ADN recombinant : résultat de la combinaison de fragments d’ADN provenant de sources différentes.
- ADN recombiné : molécule d'ADN dans laquelle des séquences qui ne sont pas naturellement contiguës sont juxtaposées par manipulation in vitro.
- ADN répétitif ou ADN « poubelle » : séquences d'ADN identiques ou quasi identiques, qui se répètent un très grand nombre de fois dans le génome, dont certaines sont le résultat de l’activité d’un rétrotransposon. Une proportion importante de tous les génomes eucaryotes est composée de cette classe d’ADN dont la fonction biologique est mal connue.
- ADN ribosomique : locus codant l’ARN ribosomique. C'est généralement un locus étendu et complexe, composé typiquement d’un grand nombre d’unités de répétition séparées l’une de l’autre par un espaceur intergénique. Une unité de répétition contient une copie du gène pour chaque ARN ribosomique constituant des ribosomes, séparée l’une de l’autre par un espaceur transcrit interne.
- ADN satellite : correspond à des blocs de séquences répétées, d'une longeur de 5 à 2 000pb (pb=paires de bases) correspondant à une taille globale de 100 Kb à environ 5 000 Kb, localisées surtout au niveau des centromères, et non transcrites. Il s'agit d'ADN de l'hétérochromatine centromérique localisée dans tous les chromosomes. Leur fonction est de fixer de nombreuses protéines du centromère impliquées dans la fonction d'organisation et de ségrégation des chromosomes lors de la mitose.
- ADN simple brin ou ADNss (single-stranded DNA) : molécules d’ADN séparées de leur brin complémentaire, suite à son absence ou à une dénaturation.
- ADN source : ADN d’un organisme qui contient un gène cible, et utilisé comme matériel de départ dans une expérience de clonage.
- ADN superenroulé ou ADN superhélicoïdal ou ADN surenroulé : ADN ayant une configuration en superhélice.
- ADN-T : segment d’ADN du plasmide Ti ou Ri, présent chez les agents pathogènes Agrobacterium tumefaciens et A. rhizogenes, transféré aux cellules végétales et inséré dans leur ADN faisant ainsi partie du processus d’infection. Le type sauvage de l’ADN-T code pour les enzymes qui induisent chez les plantes la synthèse des opines spécifiques nécessaires pour la croissance bactérienne. Dans les ADN-T modifiés, ces gènes sont remplacés par un/des transgène(s).
- ADN-Z
Différents types d'enzymes liées à l'ADN
- ADN hélicase ou gyrase : enzyme qui catalyse le déroulement des brins complémentaires d’une double hélice d’ADN.
- ADN ligase : enzyme catalysant la liaison entre deux molécules séparées d’ADN, formant des liaisons phosphodiesters entre l’extrémité 3'-hydroxyl de l’une et l’extrémité 5'-phosphate de l’autre. Son rôle naturel réside dans la réparation et la réplication de l’ADN. C'est un outil essentiel dans la technologie de l’ADN recombinant puisqu'elle permet l’incorporation d’ADN étranger dans les vecteurs.
- ADN polymérase : enzyme catalysant la polymérisation (5' vers 3') des monocléotides triphosphates qui constituent l'ADN.
- ADN primase : enzyme qui catalyse la synthèse de courtes amorces d’ARN à partir desquelles débute la synthèse des brins d’ADN.
- ADN topo-isomérase ou topoisomérase : enzyme qui catalyze l’introduction ou l’enlèvement des surenroulements dans l’ADN.
Voir aussi
Articles connexes
- ARN
- ADN mitochondrial
- Réparation de l'ADN
- Ordinateur à ADN
Référence
- Arrêté de terminologie du 14 septembre 1990.
Liens externes
- Concepts : http://www.dnaftb.org/
- Le journal Nature fête les 50 ans de l'ADN : http://www.nature.com/nature/dna50/index.html
Catégorie:Acide
Catégorie:Information génétique
ja:デオキシリボ核酸
ko:DNA
ms:DNA
simple:DNA
th:ดีเอ็นเอ
Lexique ms:Leksikon
catégorie:Linguistique
catégorie:Lexicologie
En linguistique, le lexique d'une langue constitue l'ensemble de ses lemmes ou, d'une manière plus courante mais moins précise, « l'ensemble de ses mots ». On utilise, toujours dans les usages courants, plus facilement vocabulaire.
Taille du lexique
La taille d'un lexique est, par nature, impossible à définir avec précision car le seul moyen de se faire une idée de son étendue est le décompte des lemmes (ou entrées) d'un dictionnaire de cette langue, quand il existe.
En synchronie
Aucun dictionnaire ne peut dénombrer tous les lemmes d'une langue. En effet, le vocabulaire spécialisé, les jargons, les sociolectes, les idiolectes, l'argot et tous les termes qui ne sont pas encore lexicalisés ne peuvent être comptabilisés. De plus, seule la langue écrite est réellement prise en compte dans l'édition des dictionnaires usuels : un grand nombre de sociolectes purement oraux échappe à toute investigation.
Un dictionnaire usuel, en effet, ne peut que recenser les termes écrits les plus attestés mais ne peut en aucun cas identifier tous les lemmes qui existent à un moment donné, en synchronie, dans la langue qu'il décrit. De plus, à supposer qu'une armée de lexicographes se mette à l'affût de tous les mots utilisés par les locuteurs d'une langue donnée, l'opération prendrait suffisamment de temps pour que le corpus établi soit caduc au moment de la publication. De nouveaux mots seraient en effet apparus et d'autres auraient disparu, d'autant plus dans les sociolectes oraux.
On peut se rendre compte de la difficulté que l'on a à préciser les limites d'un lexique en se demandant ce que signifie l'expression « ce mot n'existe pas ». Faut-il entendre qu'il n'existe pas parce qu'il n'est pas attesté dans le dictionnaire ?, auquel cas on peut se demander dans lequel. Faut-il entendre qu'un mot n'existe que parce qu'il existe un assez grand nombre de locuteurs qui le connaissent ?, auquel cas il n'est pas possible de donner un pourcentage exact de locuteurs nécessaires à cet effet. Enfin, faut-il que le mot soit connu ou utilisé ?, ce qui change grandement les données d'appréciation.
Par exemple, le mot paryponoïan n'existe pas pour tout le monde. Des dictionnaires usuels comme le Petit Robert (édition électronique de 2001) ou le Grand Robert (deuxième édition mise à jour de 1992) ne le recensent pas, non plus que le [http://atilf.atilf.fr/ Trésor de la langue français informatisé] (version 3 du 18.6.2002). Pourtant, il est bien connu des spécialistes de rhétorique.
En diachronie
De plus, diachroniquement, le lexique d'une langue est en perpétuelle évolution : des lemmes apparaissent et disparaissent sans cesse des usages des locuteurs sans qu'il soit pour autant possible d'en recenser tous les cas, ne serait-ce parce que la disparition d'un mot ne peut être constatée que par les spécialistes (vu que les locuteurs n'utilisent plus ce mot) et que son apparition n'est pas forcément un gage de pérennité (qui peut dire si telle ou telle expression à la mode sera encore utilisée dans cinq ans ?). Les dictionnaires usuels ne recensent en effet les mots que quand ils atteignent une certaine fréquence d'emploi, laquelle, faute de mieux, est le plus souvent calculée à partir de corpus écrits.
Il faut souvent attendre qu'un terme nouveau soit suffisamment attesté par des sources variées pour que les dictionnaires l'acceptent comme lemme, certains étant plus restrictifs que d'autres (comme celui de l'Académie française). En effet, il ne serait pas utile de recenser des termes nouveaux qui ne sont que le reflet d'un effet de mode éphémère. Un dictionnaire usuel n'offre donc qu'un cliché du lexique, plus ou moins précis, mais jamais exact. Les dictionnaires étymologiques, quant à eux, recensent aussi des termes disparus et, paradoxalement, qui ne le sont pas réellement puisque à défaut d'être utilisés, il n'en sont pas moins encore connus.
Vie et mort des lemmes
Le lexique d'une langue est donc un ensemble de lemmes aux dimensions floues et variables. On l'a dit, outre qu'il est impossible de tous les recenser pour un état précis d'une langue, certains apparaissent ou disparaissent, rendant les limites encore plus difficiles à cerner.
Création de nouveaux lemmes
Parmi les méthodes d'enrichissement du lexique, on peut compter principalement la dérivation (création d'un mot à partir d'un radical ou d'un thème morphologique préexistant), la composition (création d'une nouvelle unité de sens à partir de plusieurs lemmes assemblés) et l'emprunt lexical (emprunt d'un mot à une autre langue). On nomme toute création lexicale un néologisme. Quand à un signifiant préexistant est ajouté un nouveau signifié, il peut s'agir d'une catachrèse, d'un calque... Dans ce cas, ce n'est pas réellement un nouveau « mot » mais une extension de son sens.
Les mots apparaissent principalement pour répondre à un besoin, quand il faut un signifiant pour représenter un signifié (que celui-ci soit nouveau ou non : il peut s'agir de remplacer des signifiants usés pour garder leur signifié), ou bien pour des raisons de mode.
Il n'est pas toujours aisé de savoir quand un nouveau terme est apparu. Tout au plus peut-on s'en rendre compte quand il commence à être suffisamment employé par des locuteurs d'horizons divers. Généralement, les dictionnaires en recensent les premières attestations écrites (faute de mieux quand le lemme remonte à une époque à laquelle l'enregistrement de la voix n'existait pas ou bien parce que la lexicographie n'était pas assez développée) dans un texte reconnu (voire connu), qu'il soit littéraire ou non.
Disparition des lemmes
Les raisons de la disparition d'un lemme sont nombreuses. On peut, rapidement, citer la disparition d'un signifiant pour un signifié qui n'existe plus, quand un objet ou une notion ont disparu de la vie quotidienne et qu'il n'y a plus besoin d'en parler. En règle générale, la disparition complète est assez rare car, même si un lem | | |